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Les doctrines niant l’existence de vérités absolues : relativisme, scepticisme, perspectivisme, et subjectivisme

 


Le relativiste soutient que la vérité est propre (relative) à chacun ; le sceptique énonce quel que soit le problème posé, qu’il n’y a pas de vérités ; le perspectiviste soutient qu’il y a plusieurs vérités ; le subjectivisme défend la priorité des vérités personnelles et existentielles.

 

a) Le relativisme du sophiste Protagoras

Les « sophistes » étaient, dans la Grèce antique, des personnages ayant une importance considérable. Ils étaient des experts en matière de discours, et on pourrait les comparer à des sortes de conseillers. Socrate a beaucoup combattu les sophistes, leur reprochant précisément ne négliger la recherche de la vérité, au profit de la seule efficacité du discours (persuader les gens). Mais les sophistes développaient aussi une pensée théorique et nous allons nous attacher à l’un d’entre eux, Protagoras, connu pour défendre une conception « relativiste » de la vérité. La vérité est « relative », il n’y a pas de vérité absolue. Mais relative à quoi ?

Protagoras disait : « L’homme est la mesure de toutes choses ». Cette phrase suffit déjà à comprendre que toute affirmation est limitée, quant à sa vérité ou à sa fausseté, aux capacités humaines de voir et de comprendre. Il n’y a donc pas de vérité en soi ou absolue mais seulement une vérité humaine, à l’échelle humaine. Peut-être que ce qui est vrai pour nous ne serait pas vrai pour des dieux ou pour des microbes !

Fort de cette conviction, pourquoi se convaincre qu’il n’existe qu’une seule solution pour un problème donné ? Protagoras considérait que sur toute chose on pouvait faire deux discours exactement contraires, défendre tantôt le blanc et tantôt le noir ! Mais s’il est possible d’émettre deux discours opposés sur une même chose, lequel est le plus juste, qui va trancher ? Protagoras répond que c’est le plus « utile », en fonction de ce que telle ou telle personne recherche, à tel ou tel moment : « A la vérité, ce qui paraît juste et honnête à chaque cité est tel pour elle, tant qu’elle en juge ainsi » disait-il. A chacun sa vérité ! Au fond Protagoras ne distingue pas opinion et vérité, contrairement à Socrate et Platon.

On voit bien l’intérêt mais aussi les limites d’une telle doctrine : tant que l’on se pose des questions pratiques (comment conduire telle action correctement), elle est tout à fait valable, mais dès qu’il s’agit de réfléchir à des valeurs applicables pour tous (ce qui n’était pas forcément une préoccupation courante dans l’antiquité), elle nous mène dans un mur, puisqu’elle refuse de généraliser, encore moins d’universaliser, quelque affirmation que ce soit.

Le sujet moral et politique. Quelques repères

Politiquement, le terme de sujet apparaît d’abord proche de celui d’esclave ou de “soumis”, par exemple dans l’expression “sujet du Roi”. Cela s’applique à un individu considéré comme assujetti à un souverain, c’est-à-dire dépendant de lui. En retour, il faut préciser quand même que ce souverain ne serait rien sans ses sujets qui jouent ici le rôle de support de la fonction royale : pas de roi sans sujets, pas de gouvernant sans gouvernés, par d’Etat sans population.

Rousseau vient donner une tout autre définition de l’assujettissement politique du sujet. Rappelons qu’il est le théoricien du Contrat social, contrat qui selon lui assujettit ceux qui s‘obligent ainsi librement à respecter une loi qui leur confère des droits mais aussi des devoirs : on parle à ce propos de “sujet de droit”. Le même homme ainsi, selon Rousseau, doit être appelé citoyen comme participant à l’autorité souveraine (du moins en République), et sujet comme soumis aux lois de l’Etat.