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Autrui, le semblable

 


L’étranger ne reste pas éternellement un ennemi… Avec les « lumières » (cf. Rousseau) l’étrangeté finit par être domestiquée et la peur vaincue, de sorte qu’on finit par se rassembler dans un « monde » commun où l’on se ressemble. Un monde où l’on reste finalement des étrangers les uns les autres, mais cette fois sans le savoir… C’est le monde « social », « les autres », où l’on ne rencontre autrui que derrière un masque (un rôle). Entre d’une part l’étranger perçu comme ennemi et comme objet de haine, et d’autre part le Prochain aimé et respecté, il y a donc une place pour le « semblable », cet autrui qui nous ressemble pour le meilleur et pour le pire, tantôt adversaire tantôt partenaire, tantôt détesté tantôt apprécié, etc. parce que nous partageons avant tout un même monde. Martin Heidegger (20è) : « Les autres » ne désignent pas la totalité de ce que je ne suis pas, de ce dont je me distingue ; au contraire, les autres sont plutôt ceux dont le plus souvent on ne se distingue pas soi-même et parmi lesquels on se trouve aussi. Le monde auquel je suis est toujours un monde que je partage avec d'autres, parce que l'être-au-monde est un être-au-monde-avec... Le monde de l'être-là est un monde commun. L'être-là... est un être-avec-autrui. » (Être et temps)

Leibniz, la conscience de soi et le monde

 


« Descartes a très bien signalé que la proposition : "je pense, donc je suis", est une des vérités premières. Mais il eût été convenable de ne pas négliger les autres vérités de même ordre. En général, on peut dire que toutes les vérités sont ou bien des vérités de fait, ou bien des vérités de raison. La première des vérités de raison est le principe de contradiction ou, ce qui revient au même, le principe d'identité, ainsi qu'Aristote l'a remarqué justement. Il y a autant de vérités de fait premières, qu'il y a de perceptions immédiates ou, si l'on peut ainsi dire, de consciences. Car je n'ai pas seulement conscience de mon moi pensant, mais aussi de mes pensées, et il n'est pas plus vrai ni plus certain que je pense, qu'il n'est vrai et certain que je pense telle ou telle chose. Aussi est-on en droit de rapporter toutes les vérités de fait premières à ces deux-ci : "Je pense", et "des choses diverses sont pensées par moi". D'où il suit non pas seulement que je suis, mais encore que je suis affecté de différentes manières. » (Leibniz, Remarques sur la partie générale des principes de Descartes)


Explication (et méthodologie)