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Citoyenneté et démocratie

 


1) Différence entre République et Démocratie

La démocratie (demos : peuple, cratein : commander) signifie le gouvernement du peuple. Notons que le principe de la République, c’est que le peuple (« public », « chose publique ») est souverain, et plus seulement le Roi ; le principe de la démocratie, c’est que le peuple gouverne. La République est une forme d’Etat, opposée à la Royauté, qui institue et défend la « chose publique ». Tandis que la Démocratie est un mode de gouvernement, ou si l’on veut un « régime politique », opposé à la tyrannie. Dans son principe, la démocratie fait confiance aux forces de l’homme en tant qu’individu. Elle semble s’inspirer de la fameuse proposition de Descartes « la puissance de bien juger est... naturellement égale en tous les hommes.». Mais il existe bien des Républiques non-démocratiques (Etats totalitaires ou aux mains d’un dictateur paternaliste) comme encore des démocraties non-républicaines (des monarchies constitutionnelles et parlementaires).

Les origines et la formation de l’Etat

 


1) Civilité et naissance du politique

Alors que “politique” vient du grec polis (cité), équivalent en latin de Civitas, le mot Etat n’apparaît qu’au 16è s. chez Guichardin et Machiavel. En effet, l’idée de l’Etat n’a pas cours dans l’Antiquité alors que la vie politique y est fort intense. La polis définit plutôt un mode de vie ou d’existence communautaire. La Constitution (politeia) n’y est pas un texte de droit écrit. Pas davantage que la Cité grecque, la Civitas romaine n’est une forme politique conceptuellement pensée. Elle est une réalité concrète, la res publica (chose publique) — la République.

Dès l’Antiquité, deux conceptions fort différentes de la communauté politique s’expriment. Platon la pense en termes d’unité parfaite et de communisme quasiment absolu : « La cité qu’il faut placer au premier rang, la cité dont la constitution et les lois sont les meilleures est celle où règne le plus complètement possible dans la vie sociale sous toutes ses formes l’antique maxime d’après laquelle tout doit être réellement commun entre amis. Ainsi que cette cité existe actuellement quelque part ou qu’elle vienne à exister quelque part un jour, il faut qu’il y ait communauté des femmes, communauté des enfants, communauté de tous les biens sans exception (...). »  (Platon, Les Lois, Livre V)

Tandis qu’Aristote introduit une distinction plus subtile entre communauté et organisation politique : « Il faut assurément qu’en un certain sens la famille forme une unité, et la cité également, mais cette unité ne doit pas être absolue. Car il y a, dans la marche vers l’unité, un point passé lequel il n’y aura plus de cité, ou passé lequel la cité, tout en continuant d’exister, mais se trouvant à deux doigts de sa disparition, deviendra un État de condition inférieure : c’est exactement comme si d’une symphonie on voulait faire un unisson, ou réduire un rythme à un seul pied. » (Aristote, La Politique, Livre II). Aristote veut dire simplement que, n’étant pas un simple “nid” ou une pure fusion animale, une communauté humaine doit être politiquement organisée.