Le mythe est un récit auquel les hommes attachent une certaine importance symbolique, généralement en rapport avec une religion. La plupart des mythes racontent comment quelque chose est venu à l’existence la première fois : ce sont les récits des origines, qui délivrent aussi par-là le sens des choses. D’où leur intérêt philosophique, même si leur consistance n’est pas « logique » ou « rationnelle » mais, comme on a dit « symbolique ». Tout symbole possède une signification. Suffit-il par conséquent de détenir la signification des symboles pour comprendre le mythe dans son ensemble ? Par exemple la signification symbolique de l’arbre, puis celle du serpent, etc., nous donne-t-elle le sens du mythe d’Adam et Eve ? Évidemment non car le mythe forme un tout, de sorte que la saisie du sens ne peut être que globale. L’interprétation implique une série d’aller-retours entre la compréhension des éléments de détail et celle du tout. On sait bien que la saisie du sens d’une phrase est elle-même globale, même s’il vaut mieux connaître la signification de chaque mot ! Pour bien comprendre un roman ou un film, il faut attendre la fin, car la fin éclaire les différentes péripéties – mais si l’on n’a pas suivi les péripéties, l’on ne comprendra pas non plus la fin ! Les théologiens chrétiens avaient bien remarqué que tout passage biblique ne peut être compris qu’à la lumière du tout que forment l’Ancien et le Nouveau Testament. Alors selon qu’un lecteur insiste particulièrement sur tel ou tel aspect, tel ou tel chapitre du Livre Saint, son interprétation de la religion diffère forcément. D’où les « conflits d’interprétation » entre exégètes du texte biblique.

