Habituellement on fait remarquer qu’il est indispensable de connaître le passé pour comprendre le présent, par fournir des explications en profondeur et non superficielles ; mais inversement, comment comprendre le passé sans tenir compte du présent qui nous fournit un point de vue particulier, qu’on le veuille ou non ? L’historien ne peut-il examiner le passé qu’en fonction de son présent ?
L’historien n’est pas seulement quelqu’un qui se contente de raconter le passé (certains romans le font aussi) : il est un adepte et un praticien de la science historique. L’histoire, comme discipline, est la connaissance du passé et du devenir des hommes, dans leurs dimensions sociales, politiques, militaires, mais aussi culturelles. Cette science est particulière en ceci qu’elle est force d’étudier un objet disparu, inobservable dans le présent. Mais l’historien lui est bien un homme du présent. Un présent fait d’appartenances multiples : politiques, nationales, culturelles.

