Affichage des articles dont le libellé est Ethique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ethique. Afficher tous les articles

Puis-je lancer un nain qui le veut bien ?

 


Prétexte : saviez-vous que le « lancer de nain » était un « sport » au Moyen-âge ? On peine à l’imaginer, et pourtant... Dans le film épique Le Seigneur des anneaux le valeureux nain Gimli ne veut pas en entendre parler, il avertit fréquemment ses compagnons « personne ne lance de nains ! », sauf qu’au beau milieu de la bataille du gouffre de Helm (S. des anneaux, Ep. 1), il y consent et même le demande par utilité… 

Problème : si l’on considère que « lancer un nain », donc réduire un être humain à un projectile (pour s’amuser ou pour autre chose) constitue une humiliation et une dégradation inacceptable, quelle devra être ma position dans le cas où une « personne de petite taille » (naine) accepte de le faire, voire me demande de le faire, par jeu, pour de l’argent, etc… ?

Vais-je considérer par principe qu’il est immoral de traiter ainsi une personne et de l’utiliser comme un objet, même s’il me le demande, ou bien vais-je tenir compte de son choix, même s’il paraît bizarre, et finalement respecter sa liberté (« il le veut bien »)… de se rabaisser lui-même ?

Si le nain est consentant, il ne semble pas être une victime… S’il n’est pas victime, où donc est le crime ? Mais d’un autre côté, n’est-ce pas un devoir d’aider autrui à se respecter lui-même ?

Éthique de la (non-)violence

 


1) Les justifications de la violence

a) La légitime défense. Il est une première forme de “légitime violence”, c’est celle que justifie précisément le principe de légitime défense. Il s’agit toujours de défendre l’intérêt et la dignité de la Personne, étant donné que refuser le recours à la violence revient parfois à accepter le triomphe du crime ou le maintien de l’injustice. De même, selon Kant, ne pas porter secours à sa propre personne (maxime stricte de la légitime défense) est moralement interdit. La difficulté de ces problèmes tient à leur double nature, à la fois juridique et morale, et aux conditions mal définies dans lesquelles la morale se doit souvent de pallier les insuffisances ou l’inexistence du droit. 

b) La violence légale. Est-il juste de parler de “violence légale” là où l’on fait simplement régner l’ordre et où l’on fait nécessairement respecter la loi par la force ? N’avons-nous pas soigneusement distingué force et violence ? De toute façon, comme l’a fait remarquer Hobbes, le droit (fût-il un peu violent, voire beaucoup — mais il l’est surtout du point de vue de ceux qui l’enfreignent) doit primer sur la violence brute, anarchique, incontrôlable. Par ailleurs selon Hegel, dans la juste application de la loi, fût-elle répressive ou punitive à l’endroit d’un sujet, celui-ci ne doit considérer que l’hommage en quelque sorte rendu à sa raison, puisqu’il est ainsi reconnu “digne” de recevoir (et de comprendre) le châtiment... Version légale de la célèbre formule : “qui aime bien châtie bien” !

Faut-il dire la vérité ? Une question d'éthique

 


La source religieuse de ce problème moral

Le mensonge est bien souvent considéré comme la faute morale par excellence et la religion fait état d’une « sainte horreur du mensonge »… Pourquoi ? Il faut se rappeler ici que la religion judéo-chrétienne se fonde sur la croyance en une parole vraie, pas seulement la croyance en l’existence de Dieu, mais la foi en un Dieu qui se manifeste en parlant, pour énoncer une Loi juste. Ce n’est pas un Dieu auquel il faudrait obéir parce qu’il serait terrifiant, vengeur, sanguinaire comme dans le paganisme. Mais plutôt parce qu’il dit la vérité. Moïse croit en Dieu parce qu’il croit Dieu, il croit en la véracité de sa parole, parce qu’il sait qu’il ne ment pas ; et le peuple de Moïse croit ce dernier pour les mêmes raisons ; et les disciples de Jésus croient en celui-ci parce qu’ils croient en sa parole. Bref, le rapport de la religion avec la vérité relève bien d’un « dire-vrai » ; la religion se veut d’emblée et essentiellement « morale ». Et c’est pourquoi le pire des péchés est le mensonge (même si le 1er commandement demande de « ne pas tuer », implicitement il faut bien d’abord respecter la parole qui commande de ne pas tuer…). Il faut se rappeler de cette source religieuse du problème pour comprendre l’attitude rigoriste et intransigeante de certains philosophes, comme Kant, qui sans s’inspirer directement de la religion arrivent à la même conclusion.